Le 15.05.2019

3 questions à… la Maison de Santé de Hautmont

Dr Sabrina Cecchin, Mr Dimitri Dedecq, Mme Valérie Noël

Comment votre projet de maison de santé est-il né ?

L’aventure a débuté en 2016. L’ARS avait mandaté un cabinet de conseil afin de faire émerger des projets d’exercice coordonné sur le territoire. Hautmont faisant face à une forte pénurie de professionnels médicaux et de certains paramédicaux, nous avons été sollicités tout comme une quarantaine d’autres professionnels. Nous nous sommes réunis une première fois afin de réfléchir ensemble à une manière de mutualiser et coordonner nos soins. A ce moment-là, nous ne savions pas du tout ce qu’était une maison de santé.

Après quelques rencontres, nous sommes une vingtaine à être restés. Nous avons appris à nous connaître et avons décidé de fonder ensemble l’Association du Pôle Santé de l’Ecluse et de créer une Maison de Santé Pluriprofessionnelle.

Quelles sont les particularités de votre organisation ?

Nous avons décidé de conserver chacun notre cabinet, nous exerçons donc en « MSP éclatée ». Cela nous convient bien, il est tout à fait possible de se coordonner et d’avoir beaucoup d’interactions sans pour autant exercer dans un lieu unique. Nous avons aussi un côté « mobile » voire « ambulant ». Nous nous déplaçons beaucoup pour mener nos différentes actions, dans les centres sociaux, associations…

Nous disposons tout de même d’un local de 70m2 qui nous permet de nous réunir régulièrement et surtout de mettre en place nos ateliers d’Education Thérapeutique du Patient. Nous proposons des ateliers sur la BPCO, l’obésité infantile, le diabète et bientôt sur les maladies cardiovasculaires, avec la collaboration de l’URPS ML.

Autre particularité, en matière d’installation nous essayons de nous adapter aux souhaits des jeunes professionnels. Au contact des internes, nous avons observé que beaucoup de jeunes ne souhaitent plus forcément s’installer immédiatement pour une longue durée. C’est pourquoi nous proposons des contrats à durée limitée de 3 mois renouvelables (contrats de médecin adjoint). De plus, Hautmont se situe en Zone d’Intervention Prioritaire ce qui permet de bénéficier de certaines aides à l’installation.

Je crois que vous êtes très investis dans le champ de la prévention. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

En effet nous nous sommes lancés pour la première fois dans la prévention à travers l’expérimentation « Retrouve Ton Cap », portée par l’Assurance Maladie et le Ministère des Solidarités et de la Santé. Cette expérience nous a beaucoup plu, et a mis en lumière une véritable demande de prévention chez nos patients. C’est pourquoi nous avons souhaité nous investir pleinement dans ce champ.

Notre dernier projet en date, « On l’a fait, c’est pas compliqué » vise à promouvoir les dépistages des cancers du sein et colorectal de manière innovante, en faisant preuve d’humour. Souvent, les messages de prévention invitant au dépistage sont remplis d’injonctions, de mots qui font peur. Nous souhaitions plutôt insister sur ce qui motive les habitants à se faire dépister, et pour cela quoi de mieux que de travailler avec eux ? Nous animons des ateliers de sensibilisation auprès des habitants du quartier (sur 5 sites différents), et ces « messagers de la santé » relaient ensuite ce qu’ils ont appris à travers des affiches créées par leurs soins. Ils décident également d’emplacements de diffusion qui n’ont rien à voir avec le soin : boulangeries, cinémas…

Enfin, afin de dédiaboliser l’acte de la mammographie, nous avons tourné un film humoristique disponible sur Facebook et Youtube (https://www.facebook.com/On-la-fait-cest-pas-compliqu%C3%A9-726058344432605/). Cette action a été récompensée lors des 8e Journées Nationales de la FFMPS en remportant le prix du public au concours de posters, une victoire qui est avant tout celle des messagers de la santé des 5 centres sociaux et associations participant à nos ateliers !